La Presse

La nation belge est née en 1830 lors de l’explosion du sentiment de conscience nationale  face au régime hollandais. Ce sentiment s’est manifesté sous forme d’une révolution qui a apporté plusieurs libertés au peuple belge. Les racines du mouvement de 1830, il faut les chercher dans diverses manifestations culturelles qui ont fortement contribué au développement de la conscience nationale face à l’oppression des Hollandais.

 

Le début de la littérature périodique en Belgique date de 1605, quand l'archiduc Albert et l'archiduchesse Isabelle ont octroyé à Abraham d'Anvers le privilège de publier son journal "Nieuwe Tijdingen". Mais c'est pendant la période néerlandaise au XIXe siècle que la littérature en forme de journal est née. A l'époque, le"Spectateur belge" est apparu, édité par le prêtre de Foere. Le "Courrier de la Meuse" était fondé à Liège en 1820 par Père Kersten. Le "Catholique des Pays-Bas" et le " Vaderland" étaient fondés à Gand par Père de Neve. Le "Politique de Gand" et le  "Noord Brabanter" ont démontré beaucoup de courage en défendant l'Eglise catholique car à l'époque les journalistes furent menacés de l'emprisonnement. Quelques années après l'établissement de l'indépendance belge,  Le "Courrier de la Meuse" a été transféré de Liège à Bruxelles, prenant le nouveau nom de"Journal de Bruxelles".

 

Dès la fin du XVIIIe siècle, les publications jouent un rôle important dans les débats d'idées et de théories. La diffusion des idées des philosophes français se développe avec, par exemple, "Le Journal Encyclopédique", édité à Liège par Pierre Rousseau (1716-1785). En milieu flamand, le "Den Vlaemschen Indicateur Ofte Aen-wijzer der Wetenshappen en Vrie Konsten" publié à Gand en 1779 circule jusqu'en 1787.  "Le Journal Historique et Littéraire" édité par un ancien jésuite F.X. de Feller (1735-1802) et "Le Journal Général de L'Europe" édité par le liégeois Pierre Lebrun (1763-1794), offraient des informations critiques sur les événements politiques. Un bourgeois belge aurait pu lire les journaux conservés à la Bibliothèque Royale de Bruxelles (parmi lesquels le "Mercure de France", le "Journal de Paris", la "Gazette de Leyde", la "Gazette des Pays-Bas", l'Esprit des Gazettes" pour ne parler de ceux qui paraissaient avant le mois de juillet 1789). Un journal qui offrait l'information la plus vaste et la plus sure en politique étrangère a commencé à paraître le 24 novembre 1789, un mois après le commencement de l'insurrection belge. Le journal s'appelait "Le Moniteur Universel". Ce journal se différenciait de ses rivaux  en étant conscient des changements de théories, d’idées et de mentalités et c’est pourquoi il acquit une position dominante dans la presse révolutionnaire.

 

Le journaliste Jacques Mallet du Pan, dans un article sur la responsabilité du journaliste,  écrit en 1789: Nous préparons des matériaux pour l'histoire...

Il faut bien reconnaître que jusqu'à présent, l'histoire s'est fort peu servie de ces matériaux

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Les journaux présentent sur le plan historique un intérêt certain. Ils permettent de replacer les événements dans leur contexte, de les revivre comme les contemporains les ont vécus, de faire mieux comprendre leurs espoirs, leurs craintes, leurs illusions. Ils réintroduisent dans l'histoire la notion de la durée, celle de l'imprévu, de la rupture  de l'inimaginable qui se produit pourtant, là où l'histoire traditionnelle ne présente à l'esprit qu'un enchaînement inéluctable, une suite d'événements obligés.

 

Par la variété de leur information, ils ouvrent sans cesse de nouvelles perspectives de recherche et suggèrent de nouvelles liaisons entre les faits. La multiplicité des titres offre un éventail qui permet de varier les points de vue, de multiplier les comparaisons et, par-là, d'affiner les analyses. Devant la richesse de la matière qui reste à explorer, on peut être assuré  que l'histoire n'a pas fini de nous livrer ses secrets.                  

 

La Révolution belge de 1830 et la Constitution du nouvel Etat belge ont emmené la liberté de la presse et ont suscité beaucoup d'attention de la part de la population belge. Néanmoins, la presse  progressait très lentement de 1830 à 1874. La première cause en était le désaccord entre les catholiques et les libéraux; les deux groupes  qui contrôlaient la majorité de publications françaises. La deuxième était liée au fait d’avoir négligé les vieux journaux au profit de la fondation de nouvelles publications. Beaucoup de journaux nouveaux comme "Le Nouveau Conservateur Belge"(fondé en 1830 mais disparu en 1835) ont cessé leur parution après peu d'années. La "Revue Catholique de Louvain" consacrée à la controverse religieuse et l'histoire, fut fondée en 1834 et cessa en 1884; parmi ses contributeurs il y avait de nombreux professeurs principaux de l'Université de Louvain. Un autre obstacle pour la croissance de la presse belge fut le fait d'avoir deux langues; le français et le néerlandais.

            

D’après “ Mémoires historiques, politiques et littéraires sur l’état présent de l’Europe ”.

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